Parodontite et Alzheimer : ce que montrent les méta-analyses, ce qu’a révélé la bactérie des gencives, et ce qui reste à prouver. Repères à Waterloo.
Parodontite et Alzheimer : ce que la science sait vraiment du lien
Dernière mise à jour : octobre 2026
Parodontite et Alzheimer sont associées dans plusieurs méta-analyses : la plus large, en 2021, trouve un risque de maladie d'Alzheimer plus élevé chez les personnes atteintes de parodontite, avec un rapport de cotes de 1,78 [3]. L'association est plus forte pour les formes sévères [3]. Aucune de ces études ne démontre que la parodontite cause la maladie.
Sommaire
- Pourquoi parle-t-on des gencives à propos d'Alzheimer ?
- Parodontite et Alzheimer : que montrent les méta-analyses ?
- Une bactérie des gencives dans le cerveau : que faut-il en penser ?
- Ce qui n'est pas prouvé
- Quel suivi des gencives en Belgique ?
- À retenir sur Alzheimer et parodontite
- Sources et Références
Les titres alarmants ne manquent pas : « une bactérie des gencives à l'origine d'Alzheimer ». Pour un patient ou pour un proche aidant, la question est concrète : mes gencives malades augmentent-elles mon risque ? Cet article sépare ce qui est observé de ce qui reste une hypothèse. À Revive Clinic, à Waterloo, un bilan parodontal permet de connaître l'état réel de vos gencives, sans dramatiser.
Pourquoi parle-t-on des gencives à propos d'Alzheimer ?
Parce que la recherche range la maladie d'Alzheimer parmi les affections associées à la parodontite. La European Federation of Periodontology (EFP) indique que la parodontite a été reliée à plus de cinquante maladies et affections, dont la maladie d'Alzheimer, la polyarthrite rhumatoïde et la maladie rénale chronique [1].
La parodontite est une maladie inflammatoire chronique, déclenchée par des bactéries, qui détruit les tissus de soutien de la dent [1]. C'est cette inflammation qui dure, et les bactéries qui l'entretiennent, que les chercheurs étudient en lien avec le cerveau.
Une méta-analyse de 2024 note que ce lien est surtout décrit en cas de changements d'alimentation, de dénutrition, de perte d'endurance musculaire ou de réponse inflammatoire générale anormale [2]. Ce sont des situations observées, pas des mécanismes démontrés.
Parodontite et Alzheimer : que montrent les méta-analyses ?
Elles montrent une association répétée, d'intensité modérée, avec des limites importantes.
Les chiffres clés
En 2017, une première méta-analyse publiée dans Neuroepidemiology a regroupé cinq études [6]. Elle trouve que la présence d'une maladie parodontale est associée à la présence d'une maladie d'Alzheimer, avec un rapport de cotes de 1,69 [6]. Pour les formes sévères, ce rapport monte à 2,98 [6].
En 2021, une méta-analyse plus large, publiée dans Psychogeriatrics, a inclus treize études, dont huit portaient sur la maladie d'Alzheimer et 291 114 participants [3]. Elle obtient un rapport de cotes de 1,78 pour la maladie d'Alzheimer, et de 4,89 en cas de parodontite sévère [3].
En 2024, une revue publiée dans GeroScience a retenu 46 publications [2]. Elle associe la maladie parodontale à la démence, avec un risque relatif de 1,22 [2]. Elle ne trouve en revanche pas de risque accru de dépression [2].
| Méta-analyse | Résultat principal | Limite signalée |
|---|---|---|
| Neuroepidemiology, 2017 (5 études) | Rapport de cotes 1,69 ; 2,98 en forme sévère [6] | Sens du lien et facteurs de confusion à étudier [6] |
| Psychogeriatrics, 2021 (13 études) | Rapport de cotes 1,78 ; 4,89 en forme sévère [3] | Résultats des études antérieures jugés incohérents [3] |
| GeroScience, 2024 (46 publications) | Risque relatif de démence 1,22 [2] | Données jugées controversées [2] |
Ce que ces chiffres veulent dire pour vous
Un rapport de cotes de 1,78 décrit une fréquence plus élevée dans un groupe, pas un destin individuel. Cet écart entre formes légères et sévères est observé dans ces études. Il ne permet pas de conclure que la gravité de l'atteinte des gencives influence la maladie, des facteurs communs pouvant jouer un rôle.
Une bactérie des gencives dans le cerveau : que faut-il en penser ?
C'est une découverte réelle, mais elle ne suffit pas à prouver une cause chez l'humain. En 2019, une équipe a publié dans Science Advances une étude sur Porphyromonas gingivalis, une bactérie clé de la parodontite chronique [4].
Les chercheurs ont identifié cette bactérie dans le cerveau de patients atteints d'Alzheimer [4]. Ils y ont aussi trouvé ses enzymes toxiques, les gingipaïnes, dont les taux étaient corrélés aux lésions de la protéine tau [4].
Ce qui a été montré chez la souris
Chez la souris, une infection buccale par cette bactérie a conduit à une colonisation du cerveau [4]. Elle a aussi augmenté la production d'une protéine qui compose les plaques amyloïdes [4]. Les chercheurs ont ensuite testé des molécules qui bloquent les gingipaïnes : chez l'animal, elles ont réduit l'infection cérébrale et l'inflammation [4].
Comment lire cette étude
Trois précautions s'imposent :
- Corrélation n'est pas cause. Trouver une bactérie dans un cerveau malade ne dit pas si elle a déclenché la maladie ou si elle s'est installée ensuite.
- La souris n'est pas l'humain. Les effets des inhibiteurs ont été observés chez l'animal [4].
- Les auteurs parlent eux-mêmes au conditionnel. Ils écrivent que ces inhibiteurs « pourraient » être utiles, pas qu'ils le sont [4].
Ce qui n'est pas prouvé
La parodontite n'est pas démontrée comme cause de la maladie d'Alzheimer. Les auteurs de 2017 demandent d'étudier le sens de l'association et les facteurs qui peuvent la fausser [6]. Ceux de 2024 jugent les données disponibles controversées et réclament des outils validés et standardisés [2].
Les études de randomisation mendélienne, une méthode d'inférence causale qui limite les biais de confusion, vont dans le même sens : une méta-analyse de 2026 n'y trouve pas d'association causale substantielle entre parodontite et maladie d'Alzheimer [8].
Aucune des sources citées ici ne montre non plus que soigner ses gencives réduit le risque d'Alzheimer. Il serait donc faux de présenter un traitement parodontal comme une prévention de la démence.
Ce que l'on peut dire honnêtement est plus modeste. Les gencives malades font partie des éléments que la recherche associe à la santé du cerveau. Les connaître et les soigner a un intérêt pour la bouche elle-même, indépendamment de tout lien avec le cerveau.
Pour situer l'enjeu : selon l'Organisation mondiale de la santé, 57 millions de personnes vivaient avec une démence dans le monde en 2021 [5]. La maladie d'Alzheimer contribuerait à 60 à 70 % des cas [5].
Quel suivi des gencives en Belgique ?
En Belgique, le contrôle des gencives fait partie de l'examen buccal annuel de l'adulte. L'INAMI indique que la détermination de l'index parodontal (DPSI) est désormais intégrée à l'examen buccal annuel pour les patients âgés de 18 ans et plus [7].
Le DPSI est un sondage rapide de la gencive autour des dents. Son score oriente vers un simple suivi ou vers un examen parodontal complet.
Si vous accompagnez un proche âgé à Waterloo ou dans le Brabant wallon, ce rendez-vous annuel est un repère simple à garder dans l'agenda. Les gestes d'entretien du quotidien sont présentés dans notre article sur la santé parodontale au quotidien.
À retenir sur Alzheimer et parodontite
Plusieurs méta-analyses rapportent une association entre parodontite et maladie d’Alzheimer, plus marquée dans les formes sévères de parodontite.
Ces études sont observationnelles. Elles ne permettent pas de savoir si la parodontite contribue à la maladie, si la maladie rend l’hygiène bucco-dentaire plus difficile, ou si des facteurs communs expliquent une partie de l’association.
La présence de Porphyromonas gingivalis et de ses gingipaïnes dans des cerveaux de patients, et les effets observés chez la souris, sont des pistes de recherche, pas une preuve de causalité chez l’être humain.
Ces observations ne démontrent pas que la parodontite cause ou accélère la maladie d’Alzheimer. Elles indiquent en revanche que la santé des gencives mérite une attention, y compris chez les personnes concernées par la maladie et chez leurs proches.
Un bilan des gencives à Waterloo
Gencives qui saignent, qui se rétractent, dents qui bougent : ces signes méritent un examen, à tout âge. L'équipe de Revive Clinic, à Waterloo, réalise des bilans parodontaux et explique clairement ce qu'elle observe. Si vous souhaitez faire le point sur l’état de vos gencives ou de celles d’un proche, vous pouvez prendre rendez-vous pour un bilan parodontal personnalisé. Cet article présente l’état actuel des connaissances : les études citées montrent des associations ou proposent des mécanismes possibles, elles ne démontrent pas que le traitement parodontal prévient ou traite la maladie d’Alzheimer. Il ne remplace pas une consultation : tout plan de traitement est établi après un examen individuel.
Sources et Références
- European Federation of Periodontology : What is periodontitis?
- PubMed : Dibello V. et al., Impact of periodontal disease on cognitive disorders, dementia, and depression: a systematic review and meta-analysis, GeroScience, 2024
- PubMed : Hu X. et al., Periodontal disease and the risk of Alzheimer's disease and mild cognitive impairment: a systematic review and meta-analysis, Psychogeriatrics, 2021
- PubMed : Dominy S.S. et al., Porphyromonas gingivalis in Alzheimer's disease brains: Evidence for disease causation and treatment with small-molecule inhibitors, Sci Adv, 2019
- Organisation mondiale de la santé : Dementia, fiche d'information
- PubMed : Leira Y. et al., Is Periodontal Disease Associated with Alzheimer's Disease? A Systematic Review with Meta-Analysis, Neuroepidemiology, 2017
- INAMI : L'examen buccal
- PubMed : Zhao Y. et al., Causal association between periodontitis and systemic diseases: a systematic review and meta-analysis of mendelian randomization studies, BMC Oral Health, 2026
Est-ce qu’une maladie des gencives augmente le risque de démence ?
Une méta-analyse de 2024 associe la maladie parodontale à un risque de démence légèrement plus élevé, avec un risque relatif de 1,22 [2], sans démontrer que la maladie des gencives cause la démence. Les auteurs jugent ces données controversées et demandent des études avec des outils standardisés [2].
La bactérie des gencives se retrouve-t-elle dans le cerveau ?
Une étude de 2019 a identifié Porphyromonas gingivalis et ses enzymes toxiques, les gingipaïnes, dans le cerveau de patients atteints d’Alzheimer [4]. Cette découverte ne démontre pas, à elle seule, que la bactérie cause la maladie chez l’humain.
Combien de personnes vivent avec une démence dans le monde ?
Selon l’OMS, 57 millions de personnes vivaient avec une démence en 2021 [5]. La maladie d’Alzheimer contribuerait à 60 à 70 % des cas [5].





