Différence gingivite parodontite : l’une reste dans la gencive, l’autre détruit l’os. Signes, critères EFP et remboursement INAMI, par Revive Clinic.

Différence gingivite parodontite - cabinet dentaire Belgique - parodontologie

Quelle est la différence entre gingivite et parodontite ?

Réponse rapide

La différence gingivite parodontite tient à la profondeur de l'atteinte. La gingivite est une inflammation qui reste dans la gencive. Dans la parodontite, l'inflammation gagne le dessous de la gencive et cause des dégâts permanents, avec perte osseuse autour des dents, selon l'EFP [3].

Sommaire

Pourquoi gingivite et parodontite ont-elles la même cause ?

Les deux maladies partent du même dépôt bactérien sur les dents, la plaque dentaire. L'EFP décrit la gingivite comme une inflammation de la gencive qui se développe en réaction à cette plaque [3]. La parodontite est décrite par la même fédération comme une maladie inflammatoire chronique multifactorielle, associée à un biofilm bactérien déséquilibré, qui détruit progressivement les tissus de soutien de la dent [1].

Le point de bascule est la profondeur de l'inflammation. Non traitée, une gingivite peut évoluer vers une parodontite, où l'inflammation s'étend sous la gencive et le long des racines et peut y causer des dégâts permanents avec perte osseuse [3]. Cette évolution n'est pas automatique : la page patient de l'EFP la présente comme le risque d'une gingivite laissée sans traitement [3].

Trois éléments caractérisent la parodontite selon la note de guidance de l'EFP [1] :

  • la perte de support parodontal, mesurée par la perte d'attache clinique et par la perte osseuse visible à la radiographie ;
  • la présence de poches parodontales ;
  • le saignement de la gencive.

Le tabac pèse lourdement sur ce basculement. L'EFP le décrit comme de loin le premier facteur de risque comportemental et environnemental des maladies parodontales [8]. Selon la même publication, le tabagisme entraîne une incidence bien plus élevée de parodontite et, à terme, de perte de dents, et il réduit le saignement des gencives, ce qui masque l'inflammation [8].

différence gingivite parodontite - illustration clinique cabinet dentaire Waterloo

Quelle est la différence gingivite parodontite en pratique ?

En pratique, la différence gingivite parodontite se lit sur trois points : la perte d'attache, la présence de poches et le caractère définitif des dégâts osseux. Le tableau ci-dessous résume les repères décrits par l'EFP [1][3][4].

Repère Gingivite Parodontite
Gencive rouge, gonflée, qui saigne Oui [3] Oui [1]
Perte d'attache entre les dents Non [4] Oui, sur au moins deux dents non adjacentes [1]
Poches parodontales Possible, jusqu'à 4 mm, sans perte d'attache ni perte osseuse [4] Oui [1]
Perte osseuse à la radiographie Non [4] Oui [1]
Dents qui bougent, dents qui s'écartent Non Possible aux stades avancés [4]
Dégâts osseux définitifs Non Oui, dégâts permanents [3]

Le sondage tranche. L'arbre décisionnel de l'EFP retient un diagnostic de gingivite lorsque le saignement au sondage touche plus de 10 % des sites sans perte d'attache détectable entre les dents [4]. Il retient une parodontite lorsque cette perte d'attache est présente sur au moins deux dents non adjacentes et ne s'explique pas par une autre cause [1].

Le mot « réversible » mérite une précision. Le rapport de consensus du World Workshop 2017 indique que la santé gingivale peut être rétablie après le traitement d'une gingivite comme d'une parodontite [5]. Après une parodontite, elle l'est sur un parodonte réduit : l'attache et l'os déjà perdus n'y sont pas récupérés [5]. Le même rapport ajoute que le patient traité et stable reste plus exposé à une récidive et doit être suivi de près [5].

La parodontite se décrit ensuite par quatre stades et trois grades [1]. Les stades mesurent la sévérité et la complexité du cas, les grades décrivent la vitesse probable de progression [1]. L'EFP reconnaît une limite à cet exercice : distinguer une gingivite d'une parodontite de stade I reste difficile, faute d'outil diagnostique capable de repérer une perte d'attache minime [2]. Le mécanisme de la destruction osseuse est détaillé dans notre article sur la parodontite, cette maladie des gencives qui détruit l'os.

Quand consulter un parodontologue ?

La Société Belge de Parodontologie liste sept signes qui justifient une consultation chez un dentiste spécialiste en parodontologie [6]. Ils valent pour la gingivite comme pour la parodontite, et figurent sur sa page destinée aux patients [6] :

  • une gencive qui saigne facilement au brossage ou au passage du fil dentaire ;
  • une gencive rouge, gonflée ou sensible ;
  • une gencive qui s'est rétractée des dents ;
  • des dents mobiles ou qui se séparent progressivement ;
  • la présence de pus entre les dents et la gencive ;
  • un changement dans l'engrènement des dents quand on mord ;
  • une mauvaise haleine persistante.

La même page rappelle que la maladie parodontale n'est parfois détectable qu'au travers d'un examen clinique [6]. L'EFP conseille de prendre rendez-vous chez son dentiste dès que l'un de ces signes apparaît [3].

À Revive Clinic (Waterloo, Boulevard Henri Rolin), notre équipe réalise le bilan parodontal : sondage des poches autour de chaque dent, bilan radiologique et relevé des facteurs de risque. Ce bilan est ce qui permet de nommer la maladie, gingivite ou parodontite, avant toute proposition de soin.

Quels traitements pour la gingivite et pour la parodontite ?

Le traitement suit le diagnostic, et non l'inverse. La Société Belge de Parodontologie décrit une thérapie initiale commune : élimination des facteurs locaux de rétention bactérienne, détartrage supragingival et instructions d'hygiène personnalisées [7]. Pour les patients dont le score DPSI est de 3+ ou 4, cette phase est suivie d'un détartrage sous-gingival sous anesthésie locale [7].

La suite est détaillée dans notre article de fond, comment se traite une parodontite en quatre étapes. L'EFP y fixe un objectif mesurable : plus aucune poche de plus de 4 mm qui saigne au sondage, et aucune poche profonde de 6 mm ou plus [9]. Une fois cet objectif atteint, la guideline recommande des visites de soutien parodontal à des intervalles de 3 à 12 mois au maximum, adaptés au profil de risque de chaque patient [9].

En Belgique, deux prestations parodontales sont remboursées chez l'adulte, selon la page parodontologie de l'INAMI consultée le 12 septembre 2026 [10] :

  • l'examen buccal parodontal (codes 301372-301383), une fois par année civile, du 19e au 65e anniversaire, si un score DPSI de 3+ au moins a été mesuré et enregistré [10] ;
  • l'élimination du tartre sous-gingival (codes 301276-301361), par quadrant, une fois toutes les trois années civiles, du 19e au 65e anniversaire, avec ce même score DPSI et sous anesthésie locale [10].

Depuis le 1er juin 2026, la détermination du DPSI est intégrée à l'examen buccal annuel des patients de 18 ans et plus, sous les codes 301593-301604 (371593-371604 entre 18 et 19 ans) [10][11]. La limite d'âge de 65 ans pour le détartrage sous-gingival date du 1er juillet 2024 [10]. Au tarif conventionné du 1er juin 2026, le détartrage sous-gingival est facturé 102,72 € par quadrant, dont 92,72 € remboursés, soit 10 € à votre charge et 0 € en régime préférentiel [12]. La maintenance parodontale, les lambeaux et les greffes n'apparaissent pas dans la liste des prestations parodontales remboursées [10] : ils font l'objet d'un devis.

Cet article vous informe, il ne remplace pas une consultation. Un plan de traitement est toujours individualisé, à partir de l'examen clinique et radiologique. Si vos gencives saignent ou n'ont pas été sondées depuis longtemps, vous pouvez prendre contact avec Revive Clinic, à Waterloo, pour un bilan parodontal. Nos repères d'entretien quotidien sont rassemblés dans l'article comment maintenir une bonne santé parodontale au quotidien.

Sources et références

  1. European Federation of Periodontology : Periodontitis: guidance for clinicians (note de guidance, PDF, mars 2019)
  2. European Federation of Periodontology : What have we learned since the 2018 classification of periodontal diseases?
  3. European Federation of Periodontology : Gum diseases explained (page patient)
  4. European Federation of Periodontology : Periodontitis: clinical decision tree for staging and grading (note de guidance, PDF, mars 2019)
  5. PubMed / Journal of Clinical Periodontology (2018), Chapple ILC et al. : Periodontal health and gingival diseases and conditions on an intact and a reduced periodontium: consensus report of workgroup 1 of the 2017 World Workshop
  6. Société Belge de Parodontologie : Consulter un dentiste spécialiste en parodontologie
  7. Société Belge de Parodontologie : Traitement d'une gingivite et d'une parodontite
  8. European Federation of Periodontology (6 juillet 2026) : How do smoking and vaping affect periodontal health?
  9. PMC / Journal of Clinical Periodontology (2020), Sanz M et al. : Treatment of stage I-III periodontitis, the EFP S3 level clinical practice guideline (PMC7891343)
  10. INAMI : Parodontologie : prestations remboursées et règles d'application (consultée le 12 septembre 2026)
  11. INAMI : L'examen buccal (consultée le 12 septembre 2026)
  12. INAMI : Tarifs des dentistes au 1er juin 2026 (PDF) (consulté le 12 septembre 2026)