La parodontite détruit l’os qui tient vos dents. Stades EFP, signes, traitement en 4 étapes et remboursement INAMI, expliqués par Revive Clinic à Waterloo.
Parodontite : la maladie des gencives qui détruit l'os
Dernière mise à jour : Juin 2026
La parodontite est une maladie inflammatoire chronique qui détruit l'os et le ligament qui maintiennent les dents. Ses formes sévères représentent plus d'un milliard de cas dans le monde selon l'OMS [1]. Elle évolue le plus souvent sans douleur, se détecte par un sondage des gencives et se traite en quatre étapes définies par l'EFP [5].
Sommaire
- Qu'est-ce que la parodontite exactement ?
- Comment la parodontite détruit-elle l'os ?
- Quels sont les stades de la parodontite selon la classification EFP 2018 ?
- Quels sont les signes qui doivent alerter ?
- Qui est à risque de parodontite et pourquoi ?
- Comment traite-t-on la parodontite ?
- Que rembourse l'INAMI pour la parodontite en Belgique ?
- Quand consulter un parodontologue ?
- Sources et Références
Qu'est-ce que la parodontite exactement ?
La parodontite est une maladie inflammatoire chronique, liée à un déséquilibre du biofilm bactérien, qui détruit progressivement les tissus de soutien de la dent [4]. Ces tissus forment le parodonte : la gencive, le ligament qui relie la racine à l'os, et l'os alvéolaire dans lequel la dent est ancrée. La dent elle-même n'est pas atteinte. C'est son fondement qui cède.
L'EFP retient trois caractéristiques pour définir la maladie : une perte d'attache mesurable à la sonde et visible à la radiographie, la présence de poches parodontales, et un saignement gingival [4]. Une poche parodontale est l'espace qui se creuse entre la gencive et la racine lorsque l'attache est détruite. Nous l'expliquons en détail dans poche parodontale : définition, mesure et traitement.
La différence avec la gingivite tient à la perte d'attache. Selon l'arbre décisionnel de l'EFP, une gencive qui saigne sans poche de plus de 3 mm correspond à une gingivite [3]. Des poches de 4 mm ou plus, avec perte d'attache, signent une parodontite [3]. L'inflammation de la gingivite reste limitée à la gencive. Dans la parodontite, la destruction est progressive et la maladie est chronique [4].
Les chiffres donnent la mesure du problème. Selon l'OMS, les formes sévères de parodontite représentent plus d'un milliard de cas dans le monde [1]. Dans la Région européenne de l'OMS, 50,1 % des adultes ont souffert d'une maladie bucco-dentaire grave en 2019 [2]. La perte de dents est, toujours selon l'OMS, l'aboutissement d'une longue histoire de maladie bucco-dentaire, principalement la carie avancée et la parodontite sévère [1].
Comment la parodontite détruit-elle l'os ?
La parodontite détruit l'os par une inflammation chronique que le biofilm bactérien entretient sous la gencive [4]. Tout commence dans le sillon, l'espace étroit entre la gencive et la dent. Lorsque la plaque n'est pas éliminée, elle durcit en tartre sous-gingival, hors de portée de la brosse.
Face à ce foyer bactérien, le système immunitaire réagit en continu. L'EFP décrit la parodontite comme une maladie associée à des biofilms dysbiotiques, c'est-à-dire un déséquilibre des bactéries de la plaque, et à des réponses immuno-inflammatoires multiples [4]. Ce sont ces réponses de défense qui, en se prolongeant, entraînent la perte d'attache et la résorption de l'os alvéolaire [4].
Le résultat se mesure à la sonde. La gencive se détache de la racine et forme une poche. L'attache clinique diminue, l'os recule sur la radiographie, la dent perd progressivement son ancrage. Beaucoup de patients découvrent une perte osseuse déjà installée lors d'un premier sondage.

Pour l'entretien quotidien qui limite le biofilm entre deux consultations, Karima Rahmani a détaillé les gestes utiles dans Comment maintenir une bonne santé parodontale au quotidien.
Quels sont les stades de la parodontite selon la classification EFP 2018 ?
La classification EFP/AAP de 2018 décrit la parodontite en quatre stades de sévérité (I à IV) et trois grades de progression (A, B, C) [3][4]. Les stades décrivent la sévérité et l'étendue de la maladie. Les grades décrivent la vitesse probable de progression [4].
Le stade se détermine sur la dent la plus atteinte, à partir de la perte d'attache clinique et de la perte osseuse radiographique, selon l'arbre décisionnel de l'EFP [3] :
| Stade | Perte d'attache interdentaire | Perte osseuse radiographique | Dents perdues à cause de la maladie | Libellé EFP |
|---|---|---|---|---|
| I | 1 à 2 mm | moins de 15 % | aucune | Parodontite initiale |
| II | 3 à 4 mm | 15 à 33 % | aucune | Parodontite modérée |
| III | 5 mm ou plus | tiers moyen de la racine ou au-delà | 4 dents ou moins | Parodontite sévère |
| IV | 5 mm ou plus | tiers moyen de la racine ou au-delà | plus de 4 dents | Parodontite avancée |
Des poches de plus de 5 mm sur plus de deux dents adjacentes orientent vers un stade III ou IV [3]. Les grades s'appuient sur la vitesse de perte osseuse, observée sur des radiographies successives ou estimée en fonction de l'âge, puis sont modifiés par les facteurs de risque [4]. L'EFP donne l'exemple d'un diabète de type 2 mal contrôlé, qui peut faire passer un grade B (progression modérée) en grade C (progression rapide) [4].
Cette grille sert au parodontologue à décrire la situation et à planifier le traitement. Elle ne remplace pas l'examen clinique : ce sont le sondage et la radiographie qui fixent le stade.
Quels sont les signes qui doivent alerter ?
Les signes d'une parodontite sont ceux que la Société Belge de Parodontologie (SBP) retient comme motifs de consultation d'un dentiste spécialiste en parodontologie [10] :
- des dents mobiles ou qui s'écartent progressivement ;
- une gencive rouge, gonflée ou sensible ;
- une gencive qui saigne facilement au brossage ou au passage du fil dentaire ;
- une gencive rétractée, qui laisse voir la racine ;
- la présence de pus entre les dents et la gencive ;
- un changement dans l'engrènement des dents à la morsure ;
- une mauvaise haleine persistante.
Ces signes ne sont pas toujours présents. Selon l'EFP, le saignement au sondage est nettement réduit chez les fumeurs, ce qui masque l'inflammation [7]. Une parodontite peut donc progresser sans signe visible. Seul un sondage parodontal la met alors en évidence. La SBP précise qu'un dentiste spécialiste en parodontologie peut être consulté à tout moment pour une évaluation parodontale [10].
Qui est à risque de parodontite et pourquoi ?
Les principaux facteurs de risque de la parodontite sont une hygiène bucco-dentaire insuffisante, le tabagisme et le diabète, selon l'OMS [1] et l'EFP [4]. La plupart des maladies bucco-dentaires partagent en outre des facteurs de risque modifiables communs aux autres maladies non transmissibles : tabac, consommation d'alcool et alimentation riche en sucres libres [1].
Le tabac occupe une place à part. Selon l'EFP (publication du 6 juillet 2026), le tabagisme entraîne une incidence nettement plus élevée de parodontite et, à terme, de perte de dents [7]. Les résultats du traitement sont inférieurs chez les fumeurs [7]. Après l'arrêt, il peut falloir plus de dix ans pour que le risque rejoigne celui d'une personne n'ayant jamais fumé [7].
Le diabète et le tabac interviennent dans le grade de la maladie. L'EFP cite un diabète de type 2 mal contrôlé et le tabagisme comme facteurs pouvant faire passer une parodontite en grade C, à progression rapide [4]. La classification prévoit plus largement de relever le grade lorsque des facteurs de risque associés à une progression plus rapide, ou à une moindre réponse au traitement, sont présents [4].
Comment traite-t-on la parodontite ?
Le traitement de la parodontite suit une séquence en quatre étapes définie par la guideline clinique de l'EFP, publiée en juillet 2020 dans le Journal of Clinical Periodontology et fondée sur 62 recommandations [5][6]. Chaque étape ne s'engage que si la précédente a produit l'effet attendu. Le plan reste propre à chaque patient.
Étape 1 : contrôle du biofilm et des facteurs de risque. Elle comprend l'enseignement de l'hygiène, l'élimination du biofilm et du tartre au-dessus de la gencive, et les interventions sur les facteurs de risque [6]. L'EFP recommande des interventions d'arrêt du tabac chez les patients traités pour une parodontite, ainsi que le contrôle du diabète [6].
Étape 2 : instrumentation sous-gingivale. C'est le débridement parodontal (détartrage sous-gingival), qui vise à réduire ou éliminer le biofilm et le tartre sous la gencive [6]. Son déroulement, quadrant par quadrant, et ses conditions de remboursement sont détaillés dans notre article débridement parodontal.
Étape 3 : traitement des sites qui ne répondent pas. Lorsque des poches de 4 mm ou plus qui saignent persistent après l'étape 2, la guideline distingue deux options selon la profondeur résiduelle : entre 4 et 5 mm, un nouveau débridement parodontal, un traitement non chirurgical ; à partir de 6 mm, une chirurgie parodontale : lambeau d'accès, techniques résectrices ou régénératrices selon la lésion [6].
Étape 4 : soins parodontaux de soutien. Ils combinent prévention et traitement, à intervalles réguliers adaptés aux besoins du patient [6]. Cette phase, souvent appelée maintenance parodontale, fait l'objet d'un article dédié : maintenance parodontale : pourquoi le suivi compte.
L'objectif de fin de traitement défini par l'EFP est mesurable : plus aucune poche de plus de 4 mm qui saigne au sondage, et aucune poche profonde de 6 mm ou plus [6]. Un patient traité et stable présente un saignement au sondage sur moins de 10 % des sites et des profondeurs de 4 mm ou moins [6].
Que rembourse l'INAMI pour la parodontite en Belgique ?
L'INAMI rembourse deux prestations parodontales chez l'adulte, sous conditions, selon sa nomenclature parodontologie consultée le 11 septembre 2026 [8] :
- l'examen buccal parodontal (codes 301372-301383) : une fois par année civile, du 19e au 65e anniversaire, si un score DPSI de 3 ou plus a été mesuré et enregistré dans le dossier [8] ;
- l'élimination du tartre sous-gingival (codes 301276-301361) : par quadrant, une fois toutes les trois années civiles, du 19e au 65e anniversaire, à condition qu'un score DPSI de 3 ou plus ait été enregistré et que le traitement ait été réalisé sous anesthésie locale [8]. Un quadrant compte s'il porte au moins trois dents naturelles ou implants [8].
Le DPSI est l'indice de dépistage parodontal, souvent utilisé en première ligne selon la SBP [11]. Depuis le 1er juin 2026, sa détermination fait partie de l'examen buccal annuel des patients de 18 ans et plus, sous les codes 371593-371604 avant 19 ans et 301593-301604 ensuite, pour un honoraire de 82 euros [8][9]. La limite d'âge de 65 ans pour le détartrage sous-gingival date du 1er juillet 2024 [8].
Deux précisions comptent pour le patient. La « règle de continuité », qui réduisait de moitié le remboursement du détartrage en l'absence de soin remboursé l'année précédente, a été supprimée le 1er juin 2026, et la parodontologie est exclue du trajet de soins buccaux [12]. La maintenance parodontale, la chirurgie parodontale et les greffes n'apparaissent pas dans la liste des prestations parodontales remboursées [8] : elles font l'objet d'un devis. Les montants, le ticket modérateur et le statut BIM sont détaillés dans remboursement de la parodontite par la mutualité.
Quand consulter un parodontologue ?
Un dentiste spécialiste en parodontologie peut être consulté à tout moment pour une évaluation parodontale, selon la SBP [10]. Il se consacre à la prévention, au diagnostic et au traitement de la maladie parodontale [13]. Pour choisir un praticien et comprendre le parcours, lisez trouver un parodontologue à Waterloo et en Brabant wallon.
À Revive Clinic (Waterloo, Brabant wallon), notre équipe de parodontologie réalise le bilan parodontal : sondage des poches, bilan radiologique, puis détermination du stade et du grade. Ce bilan précède toute proposition de traitement. Si vous reconnaissez un des signes décrits plus haut, ou si vos gencives n'ont pas été sondées depuis longtemps, vous pouvez prendre rendez-vous pour un bilan parodontal à la clinique.
Cet article ne remplace pas une consultation. Un plan de traitement est toujours individualisé, en fonction de l'examen clinique et radiologique de chaque patient.
Sources et Références
- OMS : Oral health, fiche d'information (17 mars 2025)
- OMS Europe : L'OMS/Europe appelle à une action urgente contre les maladies bucco-dentaires (20 avril 2023)
- EFP : Periodontitis: clinical decision tree for staging and grading (note de guidance, PDF)
- EFP : Periodontitis: guidance for clinicians (note de guidance, PDF)
- EFP : Guideline on treatment of stage I-III periodontitis
- Sanz M. et al., Journal of Clinical Periodontology 2020 : Treatment of stage I-III periodontitis, the EFP S3 level clinical practice guideline (PMC7891343)
- EFP : How do smoking and vaping affect periodontal health? (6 juillet 2026)
- INAMI : Parodontologie : prestations remboursées et règles d'application
- INAMI : L'examen buccal
- Société Belge de Parodontologie : Consulter un dentiste spécialiste en parodontologie
- Société Belge de Parodontologie : Traitement d'une gingivite et d'une parodontite
- INAMI : Le trajet de soins buccaux
- Société Belge de Parodontologie : Le dentiste spécialiste en parodontologie
La parodontite peut-elle guérir complètement ?
La parodontite est décrite par l’EFP comme une maladie chronique dont la destruction des tissus de soutien est progressive [4]. Le traitement vise à l’arrêter : l’objectif fixé par la guideline EFP est l’absence de poche de plus de 4 mm qui saigne et de poche de 6 mm ou plus [6].
Comment savoir si j’ai une parodontite ou juste une gingivite ?
Selon l’arbre décisionnel de l’EFP, une gencive qui saigne sans poche de plus de 3 mm correspond à une gingivite, tandis que des poches de 4 mm ou plus avec perte d’attache définissent une parodontite [3]. Seul un sondage parodontal permet de faire la différence.
Est-ce que la parodontite est remboursée par la mutualité en Belgique ?
L’INAMI rembourse le détartrage sous-gingival par quadrant une fois toutes les trois années civiles, du 19e au 65e anniversaire, si un score DPSI de 3 ou plus a été enregistré [8]. La maintenance parodontale et la chirurgie n’apparaissent pas dans la liste des prestations remboursées [8].
Faut-il arrêter de fumer avant un traitement parodontal ?
La guideline EFP de 2020 recommande des interventions d’arrêt du tabac chez les patients traités pour une parodontite [6]. Selon l’EFP, les résultats du traitement sont inférieurs chez les fumeurs [7].






