Saignement ou gonflement autour d’un implant ? Comment reconnaître une péri-implantite, la prévenir, la traiter, et ce que l’INAMI couvre en Belgique.

Péri-implantite - clinique Belgique - implantologie

Péri-implantite : reconnaître les signes, prévenir et traiter

Dernière mise à jour : Septembre 2026

La péri-implantite est une infection qui détruit progressivement l'os autour d'un implant dentaire. Elle touche plus de 10 % des porteurs d'implants selon l'EFP, et jusqu'à 22 % des patients dans la revue de Derks et Tomasi (2015). Elle évolue souvent sans douleur. Un saignement au sondage, une suppuration ou une perte osseuse visible à la radiographie la signalent. Détectée tôt, elle se traite mieux. [1][3][6]

Sommaire

Qu'est-ce que la péri-implantite et comment se distingue-t-elle de la mucosite ?

La péri-implantite est une maladie inflammatoire liée à la plaque dentaire, qui s'accompagne d'une perte progressive de l'os qui soutient l'implant. La mucosite, elle, se limite à une inflammation de la gencive autour de l'implant, sans perte osseuse. C'est la définition adoptée par le World Workshop 2017 sur la classification des maladies parodontales et péri-implantaires. [2]

Condition Tissus atteints Perte osseuse Prise en charge
Mucosite péri-implantaire Gencive uniquement Non Contrôle de plaque et nettoyage professionnel [8]
Péri-implantite Gencive et os autour de l'implant Oui (visible à la radiographie) Phase non chirurgicale, puis chirurgie en cas d'échec [4][5]

La mucosite est à l'implant ce que la gingivite est à la dent naturelle. Sa prise en charge est considérée comme la prévention primaire de la péri-implantite. [8] Un implant ne possède pas de ligament parodontal, cette fine attache qui amortit et défend une dent naturelle. Selon l'EFP, cette absence rend l'implant plus vulnérable, donne à la maladie une évolution rapide et silencieuse, et réduit la capacité des tissus à se régénérer. [1]

Quels signes doivent alerter autour d'un implant ?

Le premier signe est un saignement au sondage doux de la gencive autour de l'implant. Le consensus de 2017 décrit ensuite une rougeur, un gonflement ou une suppuration (écoulement de pus), une profondeur de poche qui augmente au sondage, parfois une rétraction de la gencive, et une perte osseuse visible à la radiographie. [2]

Concrètement, voici ce qui doit vous amener à consulter :

  • Un saignement au brossage ou lors du sondage par le praticien.
  • Une gencive rouge ou gonflée autour du col de l'implant.
  • Un écoulement de pus, même minime.
  • Une poche qui se creuse ou une gencive qui se rétracte autour de l'implant.

La douleur est souvent absente. L'EFP décrit une maladie à l'évolution rapide et asymptomatique. [1] C'est pour cela que le consensus de 2017 recommande de relever une radiographie et des mesures de sondage de référence dès la pose de la prothèse sur l'implant. [2] L'EFP recommande ensuite des radiographies annuelles des implants pour détecter une perte osseuse débutante. [3]

péri-implantite signes cliniques - schéma implant infecté cabinet dentaire Waterloo

Qui est à risque de développer une péri-implantite ?

Environ un patient porteur d'implants sur cinq est concerné : la revue systématique de Derks et Tomasi (2015) estime la prévalence de la péri-implantite à 22 % des patients, et celle de la mucosite à 43 %. [6] L'EFP retient de son côté « plus de 10 % des personnes porteuses d'implants ». [1] Ces chiffres varient selon les définitions utilisées et le temps écoulé depuis la pose. [4][6]

La plaque dentaire

La plaque bactérienne est le facteur causal de la mucosite, avec un niveau de preuve solide selon le consensus de 2017. [2] Une hygiène bucco-dentaire insuffisante est donc le premier facteur de risque, et l'absence de suivi professionnel régulier chez un patient atteint de mucosite est associée à un risque accru de passage à la péri-implantite. [8]

Un antécédent de parodontite

Le consensus ITI indique qu'un antécédent de parodontite traitée n'est pas une contre-indication à l'implant, mais qu'il s'accompagne d'un risque accru d'échec et de péri-implantite (odds ratios de 3,1 à 4,7). [7] Le sujet est détaillé dans notre article implant après parodontite.

Le tabac

Le même consensus ITI mesure chez les fumeurs un risque de péri-implantite multiplié par 3,6 à 4,6, avec un effet qui dépend de la dose. [7] L'EFP place l'arrêt du tabac parmi les mesures clés pour la survie des implants. [3]

La prothèse et la gencive

Un excès de ciment de scellement est un facteur de risque local de mucosite, et la prothèse posée sur l'implant doit permettre un nettoyage correct, le sondage et le détartrage professionnel. [8] Quant à la gencive kératinisée (la gencive ferme autour de l'implant), les preuves de son rôle sur la santé à long terme restent partagées ; elle semble surtout faciliter le confort et l'élimination de la plaque. [2]

Comment prévenir la péri-implantite au quotidien ?

La prévention repose sur deux piliers : un contrôle quotidien de la plaque à domicile et des contrôles professionnels réguliers. [3][8] Le brossage mécanique par le patient, avec une brosse manuelle ou électrique, est une mesure préventive dont l'efficacité est démontrée. [8] Les mesures complémentaires (antiseptiques, antibiotiques, aéropolissage) n'ont pas montré de bénéfice supplémentaire par rapport au nettoyage professionnel dans la prise en charge de la mucosite. [8]

Les rendez-vous réguliers chez le dentiste ou le parodontologue sont essentiels : les implants y sont nettoyés professionnellement et un problème débutant y est traité avant qu'il ne menace la stabilité de l'implant. [3]

Les outils adaptés aux implants (brossettes interdentaires, fil pour implants, jet d'eau buccal) et la routine du matin et du soir sont détaillés dans notre article entretien des implants dentaires au quotidien. Les gestes des premières semaines après la chirurgie sont décrits dans La préparation et les soins après la pose d'implants dentaires.

Quelles options de traitement existent ?

Le traitement de la péri-implantite suit deux phases : une phase non chirurgicale d'abord, puis une phase chirurgicale si la première échoue. [4][5] Il n'existe pas de traitement de référence aux résultats prévisibles, comparables à ceux obtenus après le traitement de la parodontite. [4] Selon l'EFP, environ la moitié seulement des traitements chirurgicaux et reconstructeurs de la péri-implantite réussissent. [1]

Phase 1 : le traitement non chirurgical

La première étape est un nettoyage professionnel non chirurgical, associé à des bains de bouche et des gels à la chlorhexidine pour réduire les dépôts bactériens. [5] Les facteurs de risque locaux et généraux sont réduits en parallèle. [4] Une réévaluation a lieu en général après six semaines : si le saignement a cessé ou diminué et si les profondeurs de sondage ont baissé, des rendez-vous de contrôle sont programmés. [5]

Phase 2 : le traitement chirurgical

En cas d'échec de la phase non chirurgicale, l'ITI recommande de passer rapidement à la chirurgie, à condition que le patient soit observant. [4] L'EFP décrit trois options :

Option Principe Objectif
Régénération osseuse Greffe osseuse dans le défaut Reconstituer l'os perdu [5]
Chirurgie résective Suppression des rebords osseux, aplanissement des irrégularités Rendre la zone nettoyable [5]
Implantoplastie Élimination des spires de l'implant, surface polie Limiter la rétention de plaque [5]

Le choix dépend de la forme de la perte osseuse, de l'implant et de l'état général du patient. La décision est toujours individualisée, après un examen clinique et radiographique. Un article ne peut pas remplacer cette évaluation.

À Revive Clinic, les praticiens de la clinique analysent chaque situation (état osseux, prothèse en place, habitudes du patient) avant de proposer un parcours de traitement. Pour comprendre le déroulement d'un traitement implantaire, consultez Le traitement implantaire : déroulement clinique et protocoles actuels.

Pourquoi le suivi à long terme décide-t-il de la survie de l'implant ?

Parce que tout traitement de péri-implantite doit être suivi de soins de maintenance rigoureux, avec un intervalle individualisé, selon l'ITI. [4] L'absence de suivi professionnel régulier est, à l'inverse, associée au passage de la mucosite vers la péri-implantite. [8]

En pratique, le suivi comprend :

  • Des visites de contrôle à un intervalle fixé par le praticien selon votre risque. [4]
  • Des radiographies annuelles des implants, recommandées par l'EFP. [3]
  • Un nettoyage professionnel des implants à chaque visite. [3]
  • Une réévaluation des facteurs de risque, tabac en tête. [3][7]

La péri-implantite est décrite par l'EFP comme une maladie résistante aux traitements. [1] Un implant n'est donc pas un soin « posé une fois pour toutes » : c'est un suivi à long terme avec votre praticien.

Que prend en charge l'INAMI en Belgique ?

L'INAMI ne prévoit aucune prestation spécifique pour le traitement d'une péri-implantite ni pour la maintenance autour des implants. Les termes « péri-implantite » et « maintenance parodontale » n'apparaissent pas dans la liste des prestations parodontales remboursées (vérifié le 11 septembre 2026). [9] Le coût de ce traitement est donc établi sur devis écrit.

Ce que l'assurance obligatoire couvre chez l'adulte, c'est l'examen buccal annuel (codes 301593 à 301604, dès 19 ans, une fois par année civile). Il comprend les radiographies intra-orales nécessaires et la détermination du DPSI, l'indice qui mesure l'état de vos gencives. [10] C'est ce rendez-vous annuel qui permet de surveiller vos implants.

Si vous portez des implants et que votre dernier contrôle remonte à plus d'un an, ou si vous observez l'un des signes décrits ici, nous vous invitons à prendre rendez-vous pour un bilan péri-implantaire à Revive Clinic (Waterloo). Notre équipe examine l'état de vos implants et, si nécessaire, vous propose un plan de traitement individualisé. Cet article ne remplace pas une consultation : un diagnostic précède toujours un traitement.

Sources et Références

  1. EFP : What is the evidence base for peri-implant treatments? (European Federation of Periodontology, publications hub, 31 août 2025, consulté le 2026-09-11)
  2. PubMed / NCBI : Berglundh T et al. Peri-implant diseases and conditions: Consensus report of workgroup 4 of the 2017 World Workshop (Journal of Clinical Periodontology, 2018, PMID 29926491)
  3. EFP : Peri-implant disease: Prevention (European Federation of Periodontology, page patients, consulté le 2026-09-11)
  4. ITI Forum Implantologicum : Gestion non chirurgicale et chirurgicale de la péri-implantite (Bertl K, Stavropoulos A, International Team for Implantology, 27 septembre 2023)
  5. EFP : Peri-implant disease: Treatment (European Federation of Periodontology, page patients, consulté le 2026-09-11)
  6. PubMed / NCBI : Derks J, Tomasi C. Peri-implant health and disease. A systematic review of current epidemiology (Journal of Clinical Periodontology, 2015, PMID 25495683)
  7. ITI : Consensus Statement, History of treated periodontitis and smoking (4th ITI Consensus Conference, 2008, ITI Academy)
  8. PubMed / NCBI : Jepsen S et al. Primary prevention of peri-implantitis: managing peri-implant mucositis (Journal of Clinical Periodontology, 2015, PMID 25626479)
  9. INAMI : Parodontologie : prestations remboursées et règles d'application (consulté le 2026-09-11)
  10. INAMI : L'examen buccal (consulté le 2026-09-11)

La péri-implantite peut-elle se soigner sans chirurgie ?

Le traitement commence toujours par une phase non chirurgicale : nettoyage professionnel et bains de bouche ou gels à la chlorhexidine, avec une réévaluation en général après six semaines. Si cette phase échoue, l’ITI recommande de passer rapidement à un traitement chirurgical, à condition que le patient soit observant. [4][5]

Combien de temps après la pose un implant peut-il développer une péri-implantite ?

Selon l’EFP, la péri-implantite peut débuter dès deux à trois ans après la pose chez certains patients. C’est pourquoi des contrôles réguliers et des radiographies annuelles des implants sont recommandés. [3]

La péri-implantite fait-elle mal ?

Souvent non : l’absence de ligament parodontal autour de l’implant entraîne une évolution rapide et sans symptôme, selon l’EFP. Le saignement au sondage et la perte osseuse à la radiographie sont détectés au contrôle, pas par la douleur. [1][2]

Peut-on poser un implant quand on a eu une parodontite ?

Oui : selon le consensus ITI, un antécédent de parodontite traitée n’est pas une contre-indication, mais il augmente le risque d’échec et de péri-implantite. Un suivi parodontal individualisé est alors recommandé. [7]