Parodontite et polyarthrite : ce que les méta-analyses montrent, ce qu’elles ne prouvent pas, et le bilan des gencives à faire à Waterloo.

Parodontite et polyarthrite - cabinet dentaire Waterloo - parodontologie

Parodontite et polyarthrite rhumatoïde : ce qui relie les gencives et les articulations

Dernière mise à jour : octobre 2026

Parodontite et polyarthrite rhumatoïde apparaissent ensemble plus souvent que chez les témoins : une méta-analyse de 2019 trouve une polyarthrite plus fréquente chez les personnes atteintes de parodontite, avec un rapport de cotes de 1,97 [2]. Les deux maladies partagent un profil inflammatoire chronique [2]. Les études décrivent une association, pas une cause démontrée.

Sommaire

Vous vivez avec une polyarthrite et vos gencives saignent depuis des années ? Ou l'inverse : on vous soigne pour une parodontite et vos articulations vous font souffrir ? Comprendre ce que les études disent, et ne disent pas, de ce lien aide à situer l’intérêt d’un bilan des gencives. À Revive Clinic, à Waterloo, ce bilan permet de savoir où en sont vos gencives et de disposer d’informations que vous pouvez partager avec votre rhumatologue.

Pourquoi relier les gencives et les articulations ?

Parce que la recherche classe la polyarthrite rhumatoïde parmi les maladies générales associées à la parodontite. La European Federation of Periodontology (EFP) indique que la parodontite a été reliée à plus de cinquante maladies et affections, dont la polyarthrite rhumatoïde, la maladie rénale chronique et la maladie d'Alzheimer [1].

Les deux maladies se ressemblent sur un point précis. La parodontite est une maladie inflammatoire des tissus qui tiennent la dent : gencive, ligament et os [2]. La polyarthrite rhumatoïde est une inflammation chronique des articulations.

Une revue systématique résume cette parenté : sept des neuf études retenues suggèrent une association entre les deux maladies, que les auteurs rapprochent de leur profil inflammatoire commun [2].

Parodontite et polyarthrite : que disent les études ?

Elles décrivent une association observée quel que soit le groupe de départ, avec des chiffres qui varient fortement d'une étude à l'autre.

Chez les personnes atteintes de parodontite, la méta-analyse de 2019 publiée dans Therapeutic Advances in Musculoskeletal Disease a regroupé trois études. Elle trouve une polyarthrite plus fréquente chez les personnes atteintes de parodontite (rapport de cotes 1,97) que chez les témoins [2]. Les auteurs signalent toutefois une hétérogénéité très élevée entre les études (I² = 96 %) et concluent à la nécessité de nouvelles recherches [2].

Chez les personnes atteintes de polyarthrite, une méta-analyse de huit études cas-témoins conclut que la polyarthrite rhumatoïde est significativement associée à un risque global accru de parodontite [3]. Selon les études incluses, la parodontite touchait de 15,5 % à 100 % des personnes atteintes de polyarthrite, contre 10 % à 82,1 % des témoins [3].

Ce que ces chiffres veulent dire pour vous

Un rapport de cotes de 1,97 décrit une fréquence observée dans des groupes. Il ne prédit pas ce qui arrivera à une personne en particulier. L'écart entre 15,5 % et 100 % montre aussi que les études ne mesurent pas toutes la parodontite de la même façon.

Ce que l'étude a mesuré Résultat Limite signalée
Polyarthrite chez les personnes atteintes de parodontite Rapport de cotes 1,97 (3 études) [2] Hétérogénéité très élevée, I² = 96 % [2]
Parodontite chez les personnes atteintes de polyarthrite Association significative (8 études cas-témoins) [3] Prévalences de 15,5 % à 100 % selon l'étude [3]
Activité de la polyarthrite après traitement des gencives Baisse de l’activité associée au traitement parodontal (9 études, 388 patients) [5] Certitude faible à très faible [5]

Quel rôle pour la bactérie Porphyromonas gingivalis ?

C'est la piste la plus étudiée pour expliquer le lien, et elle repose surtout sur des travaux chez l'animal. Porphyromonas gingivalis est une bactérie associée à la parodontite. Une revue publiée en 2019 dans Current Opinion in Rheumatology décrit sa capacité à provoquer la citrullination [4].

La citrullination est une modification chimique de certaines protéines. Le système immunitaire peut alors les prendre pour des corps étrangers et fabriquer des anticorps contre elles. Ces anticorps, dits anti-protéines citrullinées, sont le marqueur biologique le plus sensible et le plus spécifique de la polyarthrite rhumatoïde [4].

Selon cette même revue, plusieurs travaux indiquent que la production initiale de ces anticorps ne se situe pas dans l'articulation, mais dans d'autres sites immunologiquement actifs, dont la gencive malade [4].

Une démonstration faite chez l'animal

La revue précise que le rôle de cette bactérie a été démontré dans des modèles chez la souris, où l'arthrite a été déclenchée ou aggravée chez les animaux infectés [4]. Elle décrit aussi d'autres mécanismes : destruction osseuse et inflammation générale [4].

Chez l'humain, ce mécanisme reste une hypothèse étudiée, pas une preuve. Un article grand public qui écrirait que « la bactérie des gencives cause la polyarthrite » irait plus loin que la science.

Que disent les études sur le traitement des gencives en cas de polyarthrite ?

Les études disponibles rapportent une baisse de l’activité de la polyarthrite après traitement des gencives, avec une certitude faible à très faible. Elles ne démontrent pas que traiter les gencives traite la polyarthrite. La revue systématique publiée en 2022 dans Arthritis Care & Research a analysé 9 études portant sur 388 patients atteints de polyarthrite et de parodontite [5].

Elle trouve une baisse de l'activité de la maladie associée au traitement parodontal [5], sans pouvoir l'attribuer au seul traitement des gencives. Les auteurs jugent cependant la certitude de cette preuve faible à très faible : l'effet estimé pourrait changer avec de nouvelles études [5].

Une méta-analyse de 2024 va dans le même sens. Chez les patients atteints des deux maladies, le traitement non chirurgical des gencives s'accompagne d'une baisse moyenne de 0,39 point du score DAS28, l'indice qui mesure l'activité de la polyarthrite [6]. Cette analyse ne porte que sur six études [6].

Concrètement, le traitement des gencives ne remplace aucun traitement de la polyarthrite. Votre traitement de fond reste décidé par votre rhumatologue. Le soin des gencives s'ajoute à ce suivi, il ne s'y substitue pas.

Ce que l'on sait et ce que l'on ne sait pas encore

La différence entre association et cause est le cœur du sujet. La liste ci-dessous reprend ce que les sources citées établissent, et ce qu'elles laissent ouvert.

  • Établi par plusieurs méta-analyses : les deux maladies sont plus souvent présentes ensemble que séparément [2] [3].
  • Décrit comme mécanisme plausible : la citrullination provoquée par Porphyromonas gingivalis, démontrée chez la souris [4].
  • Suggéré mais incertain : une baisse de l'activité de la polyarthrite après traitement des gencives [5] [6].
  • Non démontré : que la parodontite cause la polyarthrite chez l'humain. Les auteurs de 2019 demandent de nouvelles études [2]. Une méta-analyse de 2026 portant sur les études de randomisation mendélienne, une méthode d'inférence causale, ne trouve pas d'association causale substantielle entre parodontite et polyarthrite rhumatoïde [8].

Pourquoi est-ce important pour vous ? Parce que cela change la manière de lire votre situation. Une parodontite présente depuis des années ne permet pas de conclure à l'origine d'une polyarthrite. En revanche, la santé des gencives mérite d'être évaluée et suivie pour elle-même.

Quel suivi des gencives en Belgique ?

En Belgique, l'examen des gencives fait partie de l'examen buccal annuel chez l'adulte. L'INAMI indique que la détermination de l'index parodontal (DPSI) est désormais intégrée à l'examen buccal annuel pour les patients âgés de 18 ans et plus [7].

Le DPSI est un sondage rapide de la gencive autour des dents. Il donne un score qui oriente vers un simple suivi ou vers un examen parodontal plus complet.

Si vous vivez avec une polyarthrite à Waterloo ou dans le Brabant wallon, ce rendez-vous annuel est l'occasion de signaler votre maladie. Le praticien peut alors en tenir compte dans la lecture de vos gencives. Les gestes d'entretien quotidien sont présentés dans notre article sur la santé parodontale au quotidien.

À retenir sur polyarthrite rhumatoïde et parodontite

Plusieurs méta-analyses rapportent que parodontite et polyarthrite rhumatoïde sont plus souvent présentes ensemble, avec des résultats très variables d’une étude à l’autre.

Ces études sont observationnelles. Elles ne permettent pas de savoir si la parodontite contribue à la polyarthrite, si l’inverse est vrai, ou si des facteurs communs expliquent une partie de l’association.

Le rôle de Porphyromonas gingivalis dans la citrullination a été observé chez la souris. Chez l’être humain, il s’agit d’un mécanisme étudié, pas d’une preuve.

Les études sur le traitement des gencives rapportent une baisse de l’activité de la polyarthrite, avec une certitude faible à très faible. Elles ne permettent pas d’affirmer que traiter les gencives traite la polyarthrite.

La santé des gencives mérite d’être évaluée et suivie pour elle-même, en complément du suivi de la polyarthrite par le rhumatologue.

Demander un bilan des gencives à Waterloo

Un saignement, une gencive qui se rétracte ou une dent qui bouge méritent un examen, d'autant plus avec une polyarthrite. L'équipe de Revive Clinic, à Waterloo, réalise des bilans parodontaux et peut vous remettre un compte rendu à partager avec votre rhumatologue. Vous pouvez y prendre rendez-vous pour un bilan parodontal personnalisé. Cet article présente l’état actuel des connaissances : les études citées montrent des associations ou proposent des mécanismes possibles, elles ne démontrent pas que le traitement parodontal prévient ou traite la polyarthrite rhumatoïde. Il ne remplace pas une consultation : tout plan de traitement est établi après un examen individuel.

Sources et Références

  1. European Federation of Periodontology : What is periodontitis?
  2. PubMed : de Oliveira Ferreira R. et al., Does periodontitis represent a risk factor for rheumatoid arthritis? A systematic review and meta-analysis, Ther Adv Musculoskelet Dis, 2019
  3. PubMed : Tang Q. et al., A Possible Link Between Rheumatoid Arthritis and Periodontitis: A Systematic Review and Meta-analysis, Int J Periodontics Restorative Dent, 2017
  4. PubMed : Perricone C. et al., Porphyromonas gingivalis and rheumatoid arthritis, Curr Opin Rheumatol, 2019
  5. PubMed : Silva D.S. et al., Evidence-Based Research on Effectiveness of Periodontal Treatment in Rheumatoid Arthritis Patients: A Systematic Review and Meta-Analysis, Arthritis Care Res, 2022
  6. PubMed : Dolcezza S. et al., Relationship Between Rheumatoid Arthritis and Periodontal Disease, Systematic Review and Meta-Analysis, J Clin Med, 2024
  7. INAMI : L'examen buccal
  8. PubMed : Zhao Y. et al., Causal association between periodontitis and systemic diseases: a systematic review and meta-analysis of mendelian randomization studies, BMC Oral Health, 2026

Est-ce que la polyarthrite rhumatoïde peut faire saigner les gencives ?

Une méta-analyse de huit études associe la polyarthrite rhumatoïde à un risque accru de parodontite, une maladie des gencives [3]. Un saignement qui persiste mérite donc un examen des gencives chez votre dentiste.

Quelle bactérie relie les gencives et la polyarthrite ?

La bactérie la plus étudiée est Porphyromonas gingivalis, capable de provoquer la citrullination de protéines, le mécanisme à l’origine des anticorps anti-protéines citrullinées [4]. Son rôle a été démontré dans des modèles animaux, pas encore établi chez l’humain.

Faut-il prévenir son rhumatologue d’une parodontite ?

L’EFP indique que la parodontite a été reliée à plus de cinquante maladies, dont la polyarthrite rhumatoïde [1]. Signaler l’une des deux maladies au praticien qui suit l’autre lui donne une information de plus pour lire votre situation.