Maintenance parodontale après traitement : intervalle de 3 à 12 mois selon l’EFP, contenu d’une visite et ce que l’INAMI rembourse. Repères pour Waterloo.

Maintenance parodontale - cabinet dentaire Waterloo - parodontologie

Maintenance parodontale : le suivi après un traitement

Dernière mise à jour : octobre 2026

Résumé de l'expert

La maintenance parodontale est la phase de suivi qui commence une fois la parodontite stabilisée. La recommandation européenne de 2020 (EFP) prévoit des visites tous les 3 à 12 mois au maximum, ajustées au risque de chaque patient [1]. En Belgique, l'INAMI ne rembourse pas cette maintenance en tant que telle [4].

Sommaire

Après un traitement parodontal, on peut se demander pourquoi le suivi continue une fois les gencives assainies. Cet article explique ce que prévoient les recommandations européennes, ce que comprend une visite et ce que couvre l'assurance obligatoire belge.

Qu'est-ce que la maintenance parodontale ?

La maintenance parodontale est la dernière étape du traitement d'une parodontite, après le contrôle des facteurs de risque, le traitement non chirurgical, la réévaluation et l'éventuelle chirurgie [5]. La Société Belge de Parodontologie la décrit comme un « protocole de soins parodontaux d'entretien », destiné à promouvoir la poursuite de la guérison et à la maintenir une fois obtenue [5].

Pourquoi un entretien après la guérison ? Parce que la parodontite est une maladie chronique. Selon la même source, « on ne guérit pas d'une maladie chronique, on se stabilise, on obtient une rémission » [5]. Les bactéries responsables restent présentes dans la bouche, à un niveau bas. Sans contrôle régulier, elles peuvent recoloniser les poches résiduelles.

Cette phase se distingue d'un détartrage classique. Un détartrage retire le tartre chez un patient dont les gencives sont saines. La maintenance sert aussi à vérifier que la maladie reste stable. La recommandation EFP la définit comme la quatrième étape de son schéma de traitement : des interventions préventives et thérapeutiques, délivrées à intervalles réguliers selon les besoins du patient [1].

Pour les gestes quotidiens entre deux visites, notre article Comment maintenir une bonne santé parodontale au quotidien détaille la routine à adopter.

Pourquoi la parodontite peut-elle récidiver après le traitement ?

La parodontite peut récidiver parce que le traitement stabilise la maladie sans éliminer définitivement les bactéries qui l'entretiennent [5]. Le biofilm (la plaque bactérienne organisée) se reforme dans les zones difficiles d'accès. Les poches résiduelles sont les sites les plus exposés : la recommandation EFP y prévoit une instrumentation sous-gingivale localisée pendant la maintenance [1].

maintenance parodontale - suivi clinique parodontologue Waterloo

Que montrent les études à long terme ? La revue systématique de Leow et al. (2022), publiée dans le Journal of Clinical Periodontology, a analysé 24 publications sur des patients suivis en maintenance pendant 5 à 20 ans [2]. Chez ces patients pourtant suivis, 24,8 % ont présenté plus d'un site de perte d'attache d'au moins 2 mm, et 9,6 % ont perdu plus d'une dent [2].

Ces chiffres décrivent donc des patients en maintenance, pas des patients sans suivi. Les auteurs en tirent deux conclusions. Une petite proportion de patients atteints de parodontite de stade III ou IV perd des dents malgré un suivi long, avec une tendance à l'augmentation avec le temps [2]. Et une maintenance régulière paraît importante pour réduire cette perte de dents [2]. L'étude n'a trouvé aucune méthode de gestion de la récidive supérieure aux autres [2].

C'est pourquoi l'EFP recommande de promouvoir fortement l'adhésion à la maintenance parodontale. Sa recommandation 4.2 la juge « cruciale pour la stabilité parodontale à long terme » et pour de possibles améliorations supplémentaires de l'état parodontal [1]. La guideline ajoute qu'à chaque visite de rappel, un nouveau traitement peut être nécessaire si une récidive est détectée [1].

À quelle fréquence prévoir les visites de maintenance parodontale ?

La recommandation européenne fixe un intervalle de 3 à 12 mois maximum entre deux visites de maintenance parodontale, ajusté au profil de risque et à l'état parodontal après le traitement actif [1]. C'est la recommandation 4.1 de la guideline EFP S3 de 2020, classée grade A [1]. Il n'existe donc pas d'intervalle unique valable pour tous les patients.

Cette guideline a été publiée par l'European Federation of Periodontology en juillet 2020, après un atelier réunissant 90 experts de 19 pays [3]. Elle compte 62 recommandations sur les différentes formes de traitement [3].

Sur quels critères le rythme varie-t-il ? La Société Belge de Parodontologie cite la qualité du contrôle de plaque assuré par le patient, son état de santé, et le nombre et l'étendue des lésions résiduelles [5]. L'EFP retient le profil de risque et les conditions parodontales à la fin du traitement [1]. Le texte de la guideline signale aussi que des études retenues par Trombelli et al. (2020) utilisaient un rythme de 3 à 4 mois, et qu'un suivi tous les 3 mois peut suffire à contrôler la progression après une chirurgie parodontale (Polak et al., 2020) [1].

Le tableau ci-dessous résume ce que disent les trois références utilisées dans cet article. Il ne constitue pas une grille de décision.

Référence Ce qu'elle dit de l'intervalle de maintenance
EFP, guideline S3 (2020), recommandation 4.1 [1] Visites tous les 3 à 12 mois maximum, adaptées au profil de risque et à l'état parodontal après traitement
Société Belge de Parodontologie [5] Fréquence variable selon le contrôle de plaque, l'état de santé et les lésions résiduelles
INAMI, nomenclature parodontologie [4] Aucun code pour la maintenance ; détartrage sous-gingival remboursé une fois tous les 3 ans par quadrant

À Revive Clinic (Waterloo), le calendrier de maintenance est fixé par les praticiens de la clinique à la fin du traitement actif, puis réévalué à chaque bilan. L'intervalle peut évoluer d'un bilan à l'autre, dans les limites de cette recommandation.

Que comprend une séance de maintenance ?

Une séance de maintenance combine un contrôle de l'état parodontal, un rappel personnalisé des techniques d'hygiène et un nettoyage professionnel [1][5]. La guideline EFP énumère le contenu de ce suivi [1]. Il comprend l'évaluation de la santé générale et parodontale, le renforcement des instructions d'hygiène et la motivation au contrôle des facteurs de risque. S'y ajoutent l'élimination professionnelle de la plaque et une instrumentation sous-gingivale localisée aux poches résiduelles [1].

Concrètement, une visite suit en général ces étapes :

  1. Réévaluation clinique : mesure des poches au sondage (une sonde graduée glissée entre la dent et la gencive), du saignement et de la mobilité, comparée au bilan précédent. Elle sert à détecter une récidive, qui peut appeler un nouveau traitement [1].
  2. Instructions d'hygiène répétées et individualisées, y compris pour le nettoyage interdentaire : c'est la recommandation 4.3 de l'EFP, grade A [1]. Brossettes interdentaires et fil dentaire s'utilisent ensemble : les brossettes nettoient l'espace entre les dents, le fil dentaire complète leur action sur les zones de contact. Le nettoyage interdentaire se fait au minimum une fois par jour, le soir si une seule fois.
  3. Nettoyage professionnel des surfaces dentaires et des poches résiduelles : élimination du biofilm et du tartre, au-dessus et sous la gencive [1].
  4. Point sur les facteurs de risque, en particulier l’hygiène à domicile, le tabac et le diabète (voir plus bas) [1].
  5. Fixation du prochain rendez-vous, dans la fourchette de 3 à 12 mois prévue par l'EFP [1].

La durée d'une séance dépend du nombre de dents présentes et de l'étendue des lésions résiduelles. Elle vous est précisée par la clinique lors du bilan.

Que rembourse l'INAMI pour le suivi parodontal ?

L'INAMI ne prévoit aucun code de nomenclature pour la maintenance parodontale : elle n'apparaît pas dans la liste des prestations parodontales remboursées, consultée le 11 septembre 2026 [4]. Les visites de maintenance font donc l'objet d'honoraires à charge du patient. Leur coût peut être précisé lors du bilan.

Trois prestations parodontales figurent dans cette liste, sous conditions, entre le 19e et le 65e anniversaire [4] :

  • Examen buccal parodontal (codes 301372 à 301383) : une fois par année civile, à condition qu'un examen buccal, un détartrage ou un nettoyage prophylactique ait été remboursé la même année ou l'année précédente, et qu'un DPSI d'au moins 3+ figure au dossier [4].
  • Détermination de l'index parodontal (DPSI), l'index qui mesure l'état des gencives : codes 301254 à 301265 lorsqu'elle est réalisée par un parodontologue [4]. Depuis le 1er juin 2026, le DPSI est intégré à l'examen bucco-dentaire annuel (codes 301593 à 301604) par décision de la Commission nationale dento-mutualiste [4].
  • Détartrage sous-gingival par quadrant (codes 301276 à 301361) : une fois par période de trois années civiles et par quadrant, avec un DPSI d'au moins 3+ la même année ou l'année précédente, et sous anesthésie locale [4].

Un ticket modérateur reste à votre charge pour ces actes. Les montants en vigueur, le statut du praticien (conventionné ou non) et le cas des bénéficiaires de l'intervention majorée (BIM) sont détaillés ailleurs. Voyez nos articles sur le remboursement de la parodontite et la maintenance parodontale non couverte et sur le détartrage professionnel et son remboursement INAMI.

Quels facteurs de risque justifient un suivi plus rapproché ?

Le profil de risque du patient est le critère que l'EFP retient pour moduler l'intervalle de maintenance [1]. Deux facteurs font l'objet de recommandations explicites dans la guideline, et deux autres ressortent des sources belges et de la littérature.

Tabac. L'EFP recommande la mise en place d'interventions d'aide à l'arrêt du tabac chez les patients en maintenance parodontale (recommandation 4.18) [1]. La guideline précise que ces patients peuvent en attendre de meilleurs résultats de traitement et une meilleure stabilité parodontale [1].

Diabète. L'EFP suggère de promouvoir le contrôle du diabète chez les patients en maintenance (recommandation 4.19, grade B) [1].

Hygiène à domicile. La Société Belge de Parodontologie cite la qualité du contrôle de plaque par le patient parmi les critères qui déterminent la fréquence des visites [5]. C'est la raison des instructions d'hygiène répétées à chaque séance [1].

Stade de la maladie. Dans la revue de Leow (2022), la perte de dents en maintenance longue concerne des patients de stade III et IV, avec une prévalence qui tend à augmenter avec le temps [2].

Ces éléments sont relevés lors du bilan et pris en compte dans le calendrier proposé. Le rythme est décidé par le praticien, avec vous, sur la base de l'examen.

Cet article ne remplace pas une consultation. Le plan de traitement et le calendrier de maintenance sont individualisés selon votre situation clinique. Si vous avez été traité pour une parodontite, à Waterloo ou dans le Brabant wallon, et que votre suivi s'est interrompu, notre équipe vous propose un bilan parodontal à Revive Clinic pour réévaluer l'état de vos gencives et fixer le rythme adapté. Un diagnostic précède toute proposition de traitement.

Sources et Références

  1. EFP, Sanz M. et al. (2020) : Treatment of stage I-III periodontitis, The EFP S3 level clinical practice guideline, Journal of Clinical Periodontology (texte intégral PMC)
  2. Leow N.M. et al. (2022) : Recurrence and progression of periodontitis and methods of management in long-term care: a systematic review and meta-analysis (PubMed)
  3. European Federation of Periodontology : Guideline on treatment of stage I-III periodontitis
  4. INAMI : Parodontologie : prestations remboursées et règles d'application pour les dentistes et dentistes spécialistes
  5. Société Belge de Parodontologie : Le traitement parodontal : maîtrise d'une infection chronique

Faut-il faire un détartrage 3 fois par an quand on a eu une parodontite ?

Aucune référence n’impose trois séances par an : la recommandation EFP de 2020 fixe un intervalle de 3 à 12 mois maximum, ajusté au profil de risque et à l’état parodontal après traitement [1]. Le rythme est donc fixé par le praticien après examen, pas par un calendrier standard.

Que se passe-t-il si on arrête le suivi parodontal ?

La revue systématique de Leow (2022) a suivi des patients en maintenance pendant 5 à 20 ans : 24,8 % ont présenté plus d’un site de perte d’attache d’au moins 2 mm et 9,6 % ont perdu plus d’une dent [2]. Ses auteurs concluent qu’une maintenance régulière paraît importante pour réduire la perte de dents, mais l’étude ne mesure pas ce qui se passe sans aucun suivi [2].

Quelle est la différence entre une maintenance parodontale et un détartrage ?

Un détartrage retire le tartre chez un patient dont les gencives sont saines. La maintenance parodontale, dernière étape du traitement selon la Société Belge de Parodontologie, vise à stabiliser une maladie chronique déjà traitée et comprend un contrôle des lésions résiduelles [5].

Comment entretenir ses gencives entre deux séances de maintenance parodontale ?

L’EFP recommande des instructions d’hygiène répétées et personnalisées, incluant le nettoyage interdentaire, pour les patients en maintenance [1]. Les brossettes interdentaires et le fil dentaire s’utilisent ensemble, au minimum une fois par jour, le soir si le nettoyage interdentaire n’est réalisé qu’une fois.